Film

January 3, 2017

Ma critique du film : American Honey

Andrea Arnold, la scénariste britannique a surpris le public avec son adaptation de « Haut de Hurlevent » d’Emily Brönte il y a 4 ans. De retour aux problèmes du monde contemporain, elle présente son long métrage de 2h 45 intitulé American Honey, dont la date de sortie est prévue le 8 février 2017. Lauréat du Prix de Jury à Cannes à 2016, le film a pour acteurs principaux : Sasha Lane, Shia Laboeuf, Riley Keough et plus.

Résumé du film American honey

Star est une adolescente de 18 ans qui vit avec sa famille de « white trash » : un père homosexuel et incestueux, une mère toxicomane et alcoolique qui ont depuis longtemps cessé de s’intéresser à leurs enfants. Puis un jour qu’elle était à la recherche de quoi à manger près d’une benne à ordures accompagnée de deux enfants, elle a rencontré Jack (Shia Laboeuf, heros de la saga Transformers (description sur cette page), qui l’a séduite par son charisme. Ce dernier lui propose de rejoindre une équipe de vente de magazines en faisant porte à porte à travers le Midwest américain. Et cela sous la direction d’une femme tyrannique, Krystal. Elle accepte de faire partie de la bande de jeunes marginaux. Jake lui fait savoir les rudiments du métier, mais elle veut expérimenter coûte que coûte cette nouvelle vie qui l’arrache de l’enfer de sa famille. Seulement sa nouvelle vie n’est pas si idyllique comme elle l’aurait imaginé.

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Critique du film American honey

Le film se regarde comme une errance d’une jeunesse américaine fauchée qui veut s’en débarrasser au plus vite de la galère de la vie par tous les moyens. La fuite de Star est beaucoup plus motivée par le gain que par sa fatigue à propos de sa famille en dysfonctionnement. Dans American honey, on retrouve tous les thèmes fétiches de la réalisatrice : les hommes destructeurs, les femmes imperturbables sous leur pouvoir, le sexe. Pendant le périple initiatique, Star songe à son amoureux fantasque Jack mais elle arrive aussi à en savoir plus des autres et surtout d’elle-même. On voit également dans le film des Américains riches qui ont l’air un peu hallucinés, des familles prospères bourrées par la religion, des cadres fortunés rongés par la solitude ou des propriétaires de ranch vivant dans l’aisance qui adorent l’Amérique, leurs pays. Sans oublier les enfants de bas quartiers et dans les baraques. Le décor est brut, sans déguisement. Pour la cinéaste, c’est sa façon de montrer les inégalités existant en Amérique à cause de l’argent. Chaque rôle des bandes de jeunes est bien travaillé. Shia montre qu’il est l’acteur le plus cool de sa génération. Concernant l’apparition des animaux (loup, ours, tortue), elle symbolise la spiritualité liée au chamanisme dans le film. Le film privilège le format image carré tout comme le Haut de Hurlevent. Cela permet de limiter l’horizon. Concernant le fond musical de American honey, on entend un morceau rap harcore, mais aussi des pop songs comme la chanson de Rihanna « We found love in a hopeless place »…